Pour mieux illustrer ces situations, voici quelques cas pratiques que j’ai rencontrés :
Cas n°1 : Une société française qui commercialise des pièces détachées pour automobiles et qui ouvre un entrepôt en région parisienne pour optimiser les délais de livraison. La société possède déjà un numéro SIRET pour son siège social. Dans l’entrepôt, elle stocke et expédie. Conformément aux textes, cet entrepôt est un établissement second nécessitant un SIRET distinct. Les démarches se font via le CFE (Centre de Formalités des Entreprises) compétent. La TVA peut toutefois être déclarée sous un même identifiant intracommunautaire, tant que l’activité reste majoritairement gérée depuis le siège social.
Cas n°2 : Une entreprise spécialisée dans le textile, qui ouvre un dépôt logistique en Allemagne. Elle y stocke des marchandises pour servir les clients allemands. Dans ce scénario, la société a dû demander un numéro de TVA allemand et ainsi compléter ses déclarations à la fois en France et en Allemagne. Intégrer les flux intracommunautaires devient donc plus complexe, mais c’est indispensable pour se conformer à la loi. Parallèlement, cette société a également souhaité créer une filiale autonome plutôt qu’un simple établissement secondaire afin de segmenter clairement ses activités. Dans ce cas, un nouveau SIRET en France n’était pas requis, puisque l’entité juridique allemande dépend de la législation locale ; en revanche, la logique est différente si vous choisissez d’implanter un établissement stable allemand d’une entité française.
Cas n°3 : Une PME innovante qui commercialise des produits technologiques. Elle s’associe avec un partenaire logistique au Benelux pour réduire ses délais de livraison. Officiellement, ce dépôt est un stock avancé. Les marchandises passant par ce dépôt intracommunautaire étaient initialement déclarées sous le SIRET unique de la PME. Par la suite, l’administration fiscale a souligné qu’il s’agissait d’un lieu d’expédition régulier, contrôlant la sortie effective des biens vers divers pays européens. La PME a donc créé un SIRET dédié en France pour gérer cet aspect et, en parallèle, obtenu un numéro de TVA local pour déclarer les ventes acheminées depuis ce stock. Cette double démarche a évité de lourdes pénalités imposées pour absence de déclarations correctes.
Ces différents cas soulignent à quel point la décision de créer un identifiant supplémentaire ne doit pas être prise à la légère. Avant d’entreprendre quoi que ce soit, il est essentiel de se renseigner sur la réglementation du pays d’implantation, les spécificités du dépôt logistique et l’ampleur des flux commerciaux impliqués.