Imaginons la situation suivante :
Fournisseur (France) : Entreprise A, immatriculée sous le numéro FR123456789.
Intermédiaire (Allemagne) : Entreprise B, immatriculée sous le numéro DE987654321.
Client final (Espagne) : Entreprise C, immatriculée sous le numéro ES111222333.
Nous avons ici trois États membres différents : la France, l’Allemagne et l’Espagne. Les conditions d’une triangulaire simplifiée peuvent être réunies, à condition que :
- Le transport soit effectué directement de France jusqu’en Espagne.
- L’entreprise B (Allemagne) ne soit pas établie en Espagne.
- L’entreprise B indique, sur sa facture à l’attention de C, la mention obligatoire relative à la triangulaire simplifiée, pouvant se lire “Exonération de TVA – art. 141 de la directive 2006/112/CE – Triangulaire simplifiée”.
Concrètement, voici le déroulé :
1. Entreprise A (France) vend pour 10 000 € de marchandises à Entreprise B (Allemagne). La facture n’inclut aucune TVA, car c’est une livraison intracommunautaire exonérée. Le prix facturé est donc de 10 000 € net. Entreprise A devra déclarer cette opération dans son État récapitulatif des livraisons intracommunautaires, en y mentionnant le numéro TVA de B : DE987654321.
2. L’entreprise B (Allemagne) revend à son tour ces mêmes marchandises à Entreprise C (Espagne) pour, disons, 12 000 € net. Là encore, aucune TVA n’est ajoutée sur la facture. On y retrouve la mention “Triangulaire simplifiée” et l’autoliquidation incombe au récepteur espagnol. Entreprise B renseignera cette vente dans un État récapitulatif de ventes intracommunautaires placé sous le régime spécial “Triangulaire” (selon les modalités nationales allemandes).
3. Entreprise C (Espagne) reçoit physiquement les marchandises depuis la France. Elle enregistre cette acquisition intracommunautaire pour un montant de 12 000 €, autoliquide la TVA espagnole en débit et en crédit (selon le taux de TVA en vigueur en Espagne), sans versement effectif si elle est en droit de déduire cette TVA. Selon la déclaration espagnole (modèle 349 et autres obligations nationales), C indique qu’elle procède à l’acquisition intracommunautaire depuis un fournisseur basé en Allemagne. Ce dernier est cependant l’intermédiaire B, même si l’expédition a physiquement démarré en France.
Dans cet exemple, les trois partis s’y retrouvent :
– A facture hors TVA.
– B facture hors TVA et ne s’immatricule pas en Espagne.
– C autoliquide la TVA et peut la récupérer si elle y est éligible.
Au passage, on perçoit la valeur ajoutée du dispositif : B (l’intermédiaire) ne sera jamais imposé à la TVA espagnole, ce qui limite la lourdeur des démarches et retire l’obligation de s’enregistrer dans le pays de destination. De plus, chacun des opérateurs possède la traçabilité nécessaire pour justifier ses déclarations en cas de contrôle.